Optique : les contrats responsables régulent le marché

Optique : les contrats responsables régulent le marché

Depuis le 1er avril 2015, les contrats d’organismes complémentaires dits « responsables » ont permis de limiter la prise en charge des lunettes et de faire respecter des garanties portant sur les prix plafonds. A la veille de la mise en place du reste à charge zéro, la DREES analyse le marché très convoité de l’optique.

Pas moins de 12 millions de paires de lunettes ont été vendues en France en 2017. Les achats en la matière s’élèvent à quelque 6,1 milliards d’euros, dont l’essentiel (94,5%) est consacré aux verres et aux montures. Sur ce montant l’Assurance-maladie obligatoire ne prend en charge qu’une très faible part des dépenses (4%), les complémentaires santé assurant la plus forte part des remboursements, qui se montent à 4,5 milliards d’euros (73%), le solde (3%) étant pris en charge par les assurés eux-mêmes.

« En 2015, note la dernière production de la Drees&,nsp;(1), la réforme des contrats responsables a introduit des plafonds de prise en charge par les complémentaires dans le but de ralentir la progression des dépenses d’optique. » La réforme a ainsi introduit un plafond dans la prise en charge (470 euros pour les lunettes à correction simple et 750 euros pour les lunettes à correction complexe, dont 150 euros au maximum au titre de la monture), ainsi que des planchers (50 euros (ou ticket modérateur) en optique simple et 200 euros (ou ticket modérateur) en optique complexe). A cela s’est ajoutée la limitation de la prise en charge à un équipement tous les deux ans.

Baisse des volumes

Avec le temps, les assurés de l’Hexagone ont moins souvent renouvelé leurs lunettes : ainsi en 2017, 24% des ventes de lunettes correspondent à des renouvellements datant de moins de deux ans, contre 35% en 2014. Après une faible augmentation en 2016 (+1%), le nombre de lunettes vendues a diminué de 3% en 2017. L’étude de la Drees observe une baisse des volumes d’équipements vendus à des prix supérieurs aux plafonds (11,3% des volumes de vente en 2010, contre 9,8% en 2017), baisse qui intervient deux ans avant la mise en application de la réforme sur les contrats responsables. Elle note également que 87,7% des ventes en optique simple et 74,6% des ventes en optique complexe sont réalisées à des prix situés entre le plancher et le plafond de prise en charge. Leur part va augmenter sensiblement à partir de 2013.

Stabilité relative des prix

En matière de prix, l’étude révèle également que 41% des montures sont vendues au-dessus du plafond de prise en charge, fixé à 150 euros. « En 2017, 47% des montures sont vendues à un prix compris entre 120 euros et 179 euros, contre 39% en 2010 ». Ainsi la concentration à l’œuvre avant la réforme s’accentue nettement à partir de 2015 pour les prix compris entre 140 et 159 euros. Au total, entre 2015 et 2017, le prix moyen d’une monture ne varie pas et reste plutôt stable, autour de 145 euros. La réforme n’aura donc pas engendré de baisse significative des prix moyens des équipements complets vendus sur le marché. Car « malgré la baisse des garanties les plus élevées, les personnes ont pu consentir à payer leur équipement à un prix fort », conclut la Drees. Sans compter l’existence de contrats de surcomplémentaires qui ont permis de contourner la contrainte exercée par les plafonds des contrats responsables. La mise en place du reste à charge zéro devrait préciser l’évolution future des prix et volumes du marché de l’optique.

Jean-Jacques Cristofari

1) « Réforme des contrats responsables en optique : moins de lunettes vendues et des prix moyens stables », Etudes et Résultats, N° 1096, Drees, décembre 2018

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